Entre 56 et 72 % des femmes enceintes souffrent de douleurs pelviennes au cours de leur grossesse, et certaines études évoquent même un chiffre atteignant 95 %. Pourtant, ces douleurs aux sacro-iliaques sont encore trop souvent confondues avec une simple lombalgie ou une sciatique, ce qui retarde considérablement la prise en charge. Pendant la grossesse, les traitements médicamenteux classiques étant largement contre-indiqués, l'ostéopathie se positionne comme une alternative naturelle de premier choix. Sacha Olive-Abergel, ostéopathe à Marseille, accompagne régulièrement des femmes enceintes confrontées à ces douleurs, en proposant une approche douce, globale et adaptée à chaque trimestre. Comprendre l'origine de ces douleurs, savoir les reconnaître et identifier le bon moment pour consulter : voilà les questions essentielles auxquelles cet article répond.
Pour comprendre pourquoi la douleur s'installe, il faut d'abord savoir ce que sont les articulations sacro-iliaques. Il s'agit des deux jonctions situées de chaque côté du bas du dos, entre le sacrum — prolongement de la colonne vertébrale — et les os iliaques du bassin. Leur rôle est fondamental : elles transmettent tout le poids du tronc vers les membres inférieurs. Naturellement, elles sont très peu mobiles, avec seulement 1 à 2 degrés de mouvement en temps normal, et jusqu'à 3 degrés chez la femme, notamment pendant la grossesse.
Le principal responsable de leur fragilisation porte un nom : la relaxine. Cette hormone, produite par les ovaires et le placenta, voit son taux augmenter tout au long de la grossesse. Sa fonction est d'assouplir les ligaments du bassin afin de préparer l'ouverture nécessaire à l'accouchement. Le problème, c'est qu'elle n'agit pas uniquement sur le bassin. Elle affecte l'ensemble des ligaments du corps, provoquant une hypermobilité articulaire générale. Il faut savoir que cette relaxation ligamentaire ne régresse pas immédiatement après l'accouchement : elle peut persister 3 à 5 mois, voire davantage, ce qui explique pourquoi des douleurs sacro-iliaques peuvent se maintenir ou apparaître en post-partum même chez des femmes qui étaient asymptomatiques pendant la grossesse. En parallèle, l'augmentation de la progestérone participe également à l'hypermobilité des articulations pelviennes. Ce double mécanisme hormonal explique pourquoi l'instabilité sacro-iliaque s'intensifie au fil des trimestres, indépendamment de la prise de poids.
À cette laxité ligamentaire s'ajoutent des facteurs mécaniques aggravants propres à la grossesse : la prise de poids déportée vers l'avant déplace le centre de gravité, la lordose lombaire s'accentue, et la sangle abdominale perd progressivement sa capacité de soutien. Les douleurs sacro-iliaques apparaissent le plus souvent entre le 5e et le 7e mois (2e et 3e trimestre), lorsque le ventre s'arrondit et que le bassin s'élargit — mais elles peuvent survenir dès le 1er trimestre. Lorsque la douleur pousse à boiter ou à adopter une posture déhanchée, des asymétries de charge apparaissent et aggravent encore la situation. Les muscles autour de l'articulation tentent alors de compenser la défaillance des ligaments, générant des contractures et des douleurs supplémentaires. Selon une publication du fabricant orthopédique Bauerfeind, 50 % des lombalgies chez la femme enceinte seraient d'origine sacro-iliaque.
Plusieurs facteurs de risque prédisposants ont été identifiés. Les femmes ayant des antécédents de lombalgies apparaissant pendant les règles, une différence de longueur des membres inférieurs (même minime), un traumatisme ancien du bassin (une chute sur les fesses, même ancienne), une hyperlordose lombaire préexistante ou une spondylarthrite ankylosante sont significativement plus exposées aux douleurs sacro-iliaques pendant la grossesse que la population générale. Ces facteurs doivent être mentionnés dès la première consultation pour adapter la prise en charge de manière précoce. C'est dans cette optique que Sacha Olive-Abergel, ostéopathe spécialisé dans le suivi de la femme enceinte, réalise un bilan complet dès le premier rendez-vous.
???? À noter : sans prise en charge, les douleurs sacro-iliaques gestationnelles peuvent se chroniciser par des mécanismes de sensibilisation centrale. Environ 20 % des femmes concernées continuent de souffrir un an après l'accouchement. Une prise en charge précoce, idéalement avant la 20e semaine de grossesse, réduit significativement ce risque de chronicisation.
La confusion entre ces trois types de douleurs est fréquente. Elle constitue même l'une des principales raisons du retard de prise en charge, comme le souligne le Pr Jean-Charles Le Huec, chirurgien orthopédiste spécialiste de la pathologie rachidienne. Pourtant, des critères précis permettent de les distinguer.
La douleur sacro-iliaque est le plus souvent unilatérale, localisée dans le haut de la fesse, juste sous la dernière vertèbre lombaire. Elle peut irradier vers la fesse, la face postérieure de la cuisse ou l'aine. Un critère clé permet de la différencier : elle ne descend généralement pas sous le genou. Certaines patientes la décrivent comme une sensation aiguë, comparable à un « coup de couteau ». Elle s'aggrave typiquement au passage assis-debout, à la marche ou lors des changements de position. Selon l'étude de O. Kogstad, la douleur sacro-iliaque liée à la grossesse est plus intense que la lombalgie classique et est associée à des déficits physiques plus importants et plus difficiles à traiter — ce qui renforce l'urgence d'une prise en charge précoce plutôt qu'une attitude attentiste.
La sciatique vraie, en revanche, se manifeste par une irradiation qui descend jusqu'au mollet voire jusqu'au pied, avec des fourmillements possibles ou un déficit de force musculaire. La lombalgie classique, quant à elle, se caractérise par une douleur médiane, centrée sur les vertèbres lombaires, sans irradiation marquée dans la fesse. L'absence de déficit moteur ou sensitif dans la douleur sacro-iliaque constitue un signe distinctif majeur face à la sciatique.
En consultation, l'ostéopathe peut s'appuyer sur des tests cliniques reconnus, comme le test de FABER — aussi appelé test de Patrick ou « figure en 4 ». Le principe : la patiente est allongée sur le dos, la hanche fléchie en abduction et rotation externe, le talon posé sur le genou opposé. Une pression douce sur le genou reproduit alors la douleur sacro-iliaque habituelle. Ce test, particulièrement adapté à la femme enceinte, présente une sensibilité d'environ deux tiers. La littérature scientifique, notamment les travaux de Laslett et al. (2005), recommande de combiner plusieurs tests de provocation pour affiner le diagnostic. Plus précisément, ces travaux établissent qu'un minimum de 3 tests positifs sur les 5 du cluster (FABER, distraction, compression, thrust postérieur, Gaenslen) est nécessaire pour augmenter significativement la probabilité diagnostique de douleur sacro-iliaque. Un seul test positif isolé — y compris le FABER — est insuffisant pour conclure.
Le syndrome de Lacomme, qui touche environ 30 % des femmes enceintes, mérite une attention particulière. Il se manifeste par une démarche « en canard » caractéristique, avec une douleur déclenchée à chaque impact du pied à la marche. La douleur est symphysaire et médiane, irradiant parfois dans la racine des cuisses et vers les sacro-iliaques en arrière. Les symptômes peuvent apparaître dès le 1er trimestre et persister en post-partum. Contrôler la prise de poids pendant la grossesse contribue à en réduire l'intensité.
???? À noter : le scanner et l'IRM n'ont aucune valeur diagnostique pour les douleurs micro-traumatiques de l'articulation sacro-iliaque. L'IRM reste cependant le seul examen complémentaire pertinent pendant la grossesse pour exclure une pathologie grave sous-jacente (maladie inflammatoire, fracture de stress), mais il doit être réalisé en dehors du premier mois de grossesse. Cette précision est importante pour éviter de multiplier des examens inutiles et faussement rassurants.
L'un des principes fondamentaux de l'ostéopathie réside dans son approche globale. L'ostéopathe ne se contente pas de traiter la zone douloureuse : il identifie et corrige l'ensemble des compensations en chaîne qui entretiennent le déséquilibre. La séance débute par un bilan postural complet du bassin, afin de repérer les restrictions de mobilité. S'ensuit un travail de relâchement ligamentaire par des techniques douces, dites « tissulaires », parfaitement non traumatiques et adaptées à la grossesse.
Le praticien procède ensuite au rééquilibrage des deux hémi-bassins et à la normalisation de la symphyse pubienne. Il travaille également sur les structures associées — hanches, lombaires, diaphragme — ce dernier muscle jouant un rôle mécanique important dans l'interaction avec le plancher pelvien. L'amélioration de la vascularisation locale du bassin fait aussi partie des objectifs, notamment pour soulager la compression de la veine cave par l'utérus. Aucune manipulation brutale n'est utilisée : les techniques sont sélectionnées en fonction du trimestre de grossesse et de l'état de la patiente.
Les résultats observés sont encourageants. Selon une étude Médoucine de 2024, 86 % des femmes enceintes rapportent une amélioration significative de leurs douleurs après des séances d'ostéopathie. D'autres données indiquent une réduction de 65 % des douleurs lombaires après seulement trois séances espacées de quinze jours. Six études distinctes ont par ailleurs démontré des effets positifs du traitement ostéopathique sur la douleur gestationnelle. Un suivi régulier, idéalement une consultation par trimestre, permet de prévenir les douleurs et de préparer le corps à l'accouchement. La première consultation est recommandée avant la 20e semaine de grossesse pour optimiser les résultats.
???? Exemple concret : Mélanie Casteran, 32 ans, secrétaire médicale à Marseille, a commencé à ressentir une douleur vive dans le haut de la fesse droite au début de son 6e mois de grossesse. La douleur était telle qu'elle boitait en sortant de voiture et ne parvenait plus à se retourner dans le lit sans se réveiller. Après un bilan postural complet, l'ostéopathe a identifié une restriction de mobilité de l'articulation sacro-iliaque droite, associée à une légère différence de longueur des membres inférieurs (7 mm) jamais détectée auparavant. En trois séances espacées de deux semaines — travail tissulaire sur les ligaments du bassin, rééquilibrage des hémi-bassins et mobilisation douce du diaphragme — la douleur a diminué d'environ 70 %. Mélanie a pu reprendre ses trajets quotidiens et retrouver un sommeil continu. Un suivi mensuel jusqu'à l'accouchement a permis de stabiliser les résultats.
Le rôle de l'ostéopathie ne s'arrête pas à l'accouchement. Lors du passage du bébé, le coccyx peut se bloquer ou se luxer, et la symphyse pubienne peut ne pas se repositionner correctement, générant des douleurs par cisaillement articulaire. L'ostéopathe peut intervenir sur ces deux structures en post-partum. Sans prise en charge, la douleur risque de devenir chronique, notamment exacerbée par le portage répété du nourrisson. Cette consultation post-partum est d'autant plus importante que la relaxation ligamentaire induite par la relaxine persiste plusieurs mois après l'accouchement, maintenant le bassin dans un état d'instabilité relative.
Certaines situations ne doivent pas être banalisées, même si elles sont parfois considérées à tort comme « normales » pendant la grossesse. Voici les signaux d'alarme qui justifient une consultation sans tarder :
Ces signes traduisent une souffrance articulaire qui, sans prise en charge, risque de s'aggraver et de compromettre votre mobilité au quotidien. Environ 14 % des femmes enceintes connaissent d'ailleurs une perte considérable de leurs capacités fonctionnelles à cause de ces douleurs.
⚠️ Conseil : si vous présentez un ou plusieurs facteurs de risque prédisposants — antécédents de lombalgies pendant les règles, inégalité de longueur des membres inférieurs, ancienne chute sur les fesses ou hyperlordose lombaire connue — n'attendez pas l'apparition de la douleur pour consulter. Un bilan préventif dès le premier trimestre permet d'anticiper les compensations et d'adapter la prise en charge avant que la douleur ne s'installe.
Certains gestes du quotidien, apparemment anodins, accentuent les contraintes sur vos articulations sacro-iliaques. Les talons de plus de 3 cm projettent le centre de gravité vers l'avant et multiplient par deux le risque de lombalgies. Se tenir en appui sur une seule jambe, effectuer des torsions brusques du tronc, porter un sac toujours du même côté ou rester assise sans bouger pendant de longues périodes : autant de situations qui aggravent la douleur.
Pour vous soulager, privilégiez des chaussures plates à semelle neutre. Répartissez les charges symétriquement sur les deux bras. Pour ramasser un objet, fléchissez les genoux en squat plutôt que de vous pencher en avant. Levez-vous et marchez quelques pas toutes les 30 à 45 minutes si vous travaillez assise. La nuit, dormez sur le côté gauche — position qui favorise la vascularisation utérine — avec un coussin épais entre les genoux pour maintenir l'alignement du bassin et de la colonne. Un bain à température modérée (ne dépassant pas 37 °C afin d'éviter toute surchauffe contre-indiquée pendant la grossesse) peut également aider à détendre les muscles et les ligaments en tension autour des sacro-iliaques ; ce soin peut être intégré à la routine quotidienne comme complément non médicamenteux entre les séances d'ostéopathie.
Côté activité physique, la marche quotidienne de 15 à 20 minutes sur terrain plat reste l'alliée la plus fiable. Le Pilates prénatal et les étirements des rotateurs de hanche, pratiqués au moins trois fois par semaine, contribuent à maintenir la souplesse et à réduire les contractures. Entre les séances d'ostéopathie, une ceinture pelvienne — à distinguer d'une ceinture lombaire — peut apporter un soutien mécanique appréciable. Portée au niveau des hanches, sous les crêtes iliaques, elle a montré une diminution de l'intensité douloureuse chez 37 à 42 % des femmes enceintes selon les positions. Attention toutefois : elle doit être utilisée de manière ponctuelle et en alternance avec des exercices de renforcement, afin de ne pas affaiblir la musculature.
???? Conseil : pensez à intégrer ces différents gestes de soulagement dans une routine quotidienne cohérente : 15 à 20 minutes de marche sur terrain plat le matin, étirements des rotateurs de hanche en fin de journée, et bain tiède (maximum 37 °C) le soir avant le coucher. Cette régularité, combinée à un suivi ostéopathique adapté, offre les meilleurs résultats pour maintenir le confort tout au long de la grossesse.
Si vous êtes enceinte et que vous ressentez des douleurs dans le bas du dos ou le bassin, n'attendez pas qu'elles deviennent invalidantes. Sacha Olive-Abergel, ostéopathe à Marseille, propose un accompagnement personnalisé et adapté à chaque étape de votre grossesse, dans un cadre rassurant et bienveillant. Sa pratique repose sur une écoute attentive de vos besoins, des techniques douces respectueuses de votre état et une approche globale qui vise à restaurer l'équilibre de votre corps. Que ce soit pour soulager une douleur sacro-iliaque déjà installée, pour un suivi préventif dès le premier trimestre ou pour une consultation en post-partum afin de prévenir la chronicisation, vous pouvez le consulter à son cabinet à Marseille afin de retrouver confort et mobilité tout au long de votre grossesse et au-delà.