La gonarthrose touche environ 30 % des personnes de plus de 65 ans en France, soit plusieurs millions de seniors confrontés quotidiennement à des douleurs, des raideurs et une perte progressive d'autonomie. Chaque année, près de 100 000 prothèses de genou sont posées dans l'Hexagone — une intervention que beaucoup souhaiteraient éviter ou du moins retarder. Face à cette réalité, l'ostéopathie pour l'arthrose du genou chez le senior suscite un intérêt croissant, mais aussi de nombreuses interrogations : que peut réellement faire un ostéopathe sur une articulation usée ? À Marseille, Sacha Olive-Abergel, ostéopathe spécialisé dans l'accompagnement des seniors, propose une prise en charge globale, douce et personnalisée, qui ne prétend pas guérir l'arthrose mais vise à améliorer concrètement la qualité de vie de ses patients. Voici ce que l'ostéopathie peut — et ne peut pas — faire pour vous.
Le genou est une articulation complexe où se rencontrent trois surfaces osseuses : le fémur, le tibia et la rotule (patella). Chacune est recouverte d'un cartilage articulaire qui joue le rôle d'amortisseur naturel et permet un glissement fluide des os entre eux. Avec le vieillissement, ce cartilage s'amincit progressivement, se fissure et finit par exposer l'os sous-jacent.
Cette dégradation s'accompagne de plusieurs phénomènes : l'apparition d'ostéophytes (des excroissances osseuses réactionnelles), un durcissement de l'os situé sous le cartilage, et une inflammation de l'enveloppe articulaire. L'évolution est cyclique — des phases chroniques de gêne quotidienne alternent avec des poussées congestives aiguës, pendant lesquelles le genou devient chaud, gonflé et particulièrement douloureux.
Les symptômes typiques que vous reconnaîtrez peut-être : une douleur mécanique à la marche, une raideur matinale qui s'atténue après quelques pas, des craquements au mouvement, une gêne marquée dans les escaliers, et parfois un gonflement articulaire lié à un épanchement de synovie.
Ce que beaucoup ignorent, c'est que la dégradation du cartilage n'est pas la seule source de douleur. Les tensions musculaires autour du genou — au niveau du quadriceps, des ischio-jambiers ou encore des muscles du mollet — surchargent l'articulation et amplifient considérablement les sensations douloureuses. À cela s'ajoutent des compensations posturales : votre bassin, votre colonne vertébrale ou votre cheville modifient leurs appuis pour « protéger » le genou atteint, ce qui finit par reporter les contraintes mécaniques de façon asymétrique.
Parmi les facteurs qui aggravent la gonarthrose, le genu varum (jambes arquées) et le genu valgum (genoux en X) occupent une place particulière. Ces déformations axiales, non modifiables en elles-mêmes, concentrent les contraintes mécaniques sur un seul compartiment articulaire (médial pour le genu varum, latéral pour le genu valgum), accélérant ainsi la dégradation du cartilage dans cette zone. L'ostéopathe identifie ces déformations lors de l'évaluation posturale et peut, lorsqu'elles sont documentées, orienter le patient vers un podologue pour la confection de semelles orthopédiques de décharge unicompartimentale, réduisant directement les contraintes sur le compartiment lésé. Ce bilan podologique n'est toutefois pas systématiquement indiqué en l'absence de déformation axiale confirmée et ne se substitue en aucun cas à un suivi rhumatologique.
Chez les patients gériatriques, la gonarthrose bilatérale est présente dans 62 % des cas. Les conséquences fonctionnelles sont souvent lourdes : atrophie du quadriceps, démarche en boiterie, perte progressive d'autonomie. Le risque de sédentarisation s'installe alors, aggravant l'ensemble des comorbidités — un cercle vicieux que l'ostéopathie pour les seniors peut contribuer à freiner.
L'obésité est le facteur de risque modifiable le plus important de la gonarthrose ; la gestion du poids est un élément essentiel du traitement et non une simple option. Chaque kilogramme en excès se traduit par une surcharge mécanique multipliée sur l'articulation à chaque pas. En complément d'un suivi médical ou diététique, une alimentation anti-inflammatoire — riche en poissons gras (source d'oméga-3), fruits rouges, légumes et oléagineux — peut contribuer à atténuer les symptômes de l'arthrose.
⚠ À noter : ce conseil alimentaire ne remplace pas un bilan nutritionnel médical, en particulier chez les seniors sous anticoagulants : les oméga-3 ont un léger effet fluidifiant sanguin et leur consommation importante doit être discutée avec votre médecin traitant.
Soyons clairs d'emblée : l'ostéopathie ne régénère pas le cartilage détruit. Son action se situe sur un autre plan, tout aussi déterminant pour votre confort au quotidien. L'ostéopathe intervient sur l'environnement mécanique et musculaire de l'articulation, c'est-à-dire sur tous les facteurs qui compriment, déséquilibrent et surchargent votre genou.
Concrètement, le travail porte sur plusieurs axes :
La hanche et le genou fonctionnent en chaîne cinétique fermée : une restriction de mobilité de la hanche en rotation interne ou en extension augmente mécaniquement les contraintes en valgus ou en varus sur le genou. Pour cette raison, la mobilisation de la hanche fait systématiquement partie intégrante du bilan et du traitement ostéopathique de la gonarthrose — le praticien ne se contente jamais de travailler le seul genou.
Ces interventions ne relèvent pas de la simple intuition. Une méta-analyse française (DUMAS, 2025), portant sur sept essais contrôlés randomisés, a mis en évidence que les thérapies manuelles incluant l'ostéopathie permettent d'améliorer la fonction du genou, de réduire la douleur et d'augmenter la qualité de vie. Un essai contrôlé randomisé (Altınbilek et al., 2018) confirme ces résultats de manière spécifique pour le traitement ostéopathique de la gonarthrose.
???? Conseil : l'utilisation d'une canne, impérativement tenue du côté opposé au genou douloureux (côté controlatéral), réduit directement et mécaniquement les contraintes articulaires sur le genou arthrosique. Une genouillère articulée de décharge unicompartimentale peut également être indiquée à visée antalgique en cas d'arthrose fémoro-tibiale. L'ostéopathe peut vous conseiller ces aides fonctionnelles au cas par cas lors de la séance. En cas de gonarthrose bilatérale sévère, le choix du côté de la canne doit cependant être discuté avec votre médecin.
Si vous n'avez jamais consulté pour ce motif, voici à quoi vous attendre. La séance débute par une anamnèse approfondie : l'ostéopathe recueille vos antécédents traumatiques (fractures, entorses, chirurgies), consulte vos examens d'imagerie (radiographies, IRM), prend en compte vos traitements en cours et votre mode de vie. Ce temps d'échange est protocolaire et indispensable avant toute intervention manuelle.
Vient ensuite l'évaluation fonctionnelle. L'ostéopathe observe votre posture debout, analyse votre marche, puis teste les amplitudes de mouvement de votre genou, mais aussi de votre hanche et de votre cheville — car un dysfonctionnement local se manifeste souvent à distance. Par exemple, une restriction de mobilité de la hanche en rotation interne peut augmenter les contraintes en valgus sur le genou sans que vous en ayez conscience. C'est également lors de cette évaluation que l'ostéopathe repère d'éventuelles déformations axiales (genu varum ou genu valgum) susceptibles de concentrer les pressions sur un seul compartiment articulaire.
La phase de traitement dure environ vingt minutes. Les techniques utilisées sont exclusivement douces et adaptées à votre tolérance : relâchement myofascial des muscles de la cuisse, mobilisations articulaires progressives, pompage articulaire en décompression douce (traction axiale rythmique pour stimuler la circulation du liquide synovial), étirements myotensifs (technique où vous effectuez une contraction musculaire contre une résistance douce appliquée par le praticien, suivie d'un relâchement), travail sur la chaîne posturale postérieure. L'objectif n'est jamais de « remettre en place » le genou, mais de libérer les tensions qui l'empêchent de fonctionner de manière fluide.
En fin de séance, l'ostéopathe vous transmet des conseils personnalisés : exercices de contractions isométriques du quadriceps à pratiquer à domicile (muscle contracté sans mouvement du genou, en position allongée, 8 à 10 répétitions par série), étirements doux des ischio-jambiers, recommandations posturales. Une légère fatigue ou des courbatures dans les 48 heures sont normales — il est recommandé de se reposer deux à trois jours après la séance. La fréquence habituelle prévoit une à trois séances initiales espacées de quelques semaines, puis un suivi d'entretien tous les deux à trois mois.
???? Exemple concret : Gérard Maurin, 72 ans, retraité marseillais, souffrait d'une gonarthrose fémoro-tibiale médiale du genou droit depuis plusieurs années, associée à un genu varum modéré. Lors de la première séance, l'évaluation posturale a mis en évidence une restriction de mobilité marquée de la hanche droite en rotation interne et une tension chronique de la bandelette ilio-tibiale du même côté. Le travail ostéopathique a porté non seulement sur le genou, mais aussi sur la hanche, le fascia lata et la cheville droite (ancienne entorse mal rééduquée il y a quinze ans). Après trois séances espacées de trois semaines, combinées à un programme de contractions isométriques quotidiennes et à un suivi kinésithérapique bihebdomadaire, Gérard a retrouvé suffisamment de confort pour reprendre ses promenades de 30 minutes sur le Vieux-Port, sans canne, et a pu repousser la discussion sur la prothèse avec son chirurgien.
???? Conseil : les stations debout prolongées sans mouvement et les positions assises de plus d'une heure sans se lever augmentent la raideur et les douleurs du genou arthrosique. Pensez à alterner les positions régulièrement et à vous lever toutes les 45 à 60 minutes pour entretenir la mobilité articulaire et stimuler la circulation du liquide synovial. Cette recommandation s'applique aux phases chroniques ; lors d'une poussée congestive aiguë, le repos relatif du membre reste prioritaire.
La transparence est essentielle. L'ostéopathie ne remplace ni le suivi rhumatologique, ni les traitements médicamenteux (paracétamol, anti-inflammatoires, infiltrations de corticoïdes, viscosupplémentation par acide hyaluronique). Elle ne peut pas non plus empêcher indéfiniment la pose d'une prothèse lorsque l'arthrose atteint un stade très avancé — l'âge moyen de cette chirurgie est de 71 ans en France, et la décision se prend conjointement avec le chirurgien après échec de l'ensemble des traitements conservateurs. Il est utile de savoir que la durée de vie moyenne d'une prothèse totale de genou est de 15 à 25 ans, ce qui explique pourquoi sa pose est généralement recommandée à partir de 60 ans et non avant. Par ailleurs, une approche conservatrice multimodale (kinésithérapie, ostéopathie, activité physique adaptée) retarde non seulement l'indication chirurgicale, mais améliore également les résultats postopératoires en préservant la masse musculaire et la condition physique générale du patient.
Il existe également une contre-indication formelle : ne jamais consulter un ostéopathe lors d'une poussée inflammatoire aiguë, c'est-à-dire lorsque le genou est chaud, gonflé et douloureux au repos. Dans cette situation, la prise en charge médicale est prioritaire. L'ostéopathie est indiquée lors des phases chroniques, entre les crises. De plus, les manipulations structurelles directes à haute vélocité et basse amplitude (type HVBA, dites « manipulations avec craquement ») sont à utiliser avec une grande précaution sur une articulation arthrosique et nécessitent des tests préalables stricts pour s'assurer de leur indication. Toute suspicion de rupture ligamentaire, de fracture ou de lésion méniscale instable impose des examens d'imagerie et un suivi médical orthopédique prioritaire avant toute séance ostéopathique.
⚠ À noter : en cas de viscosupplémentation (injections d'acide hyaluronique pratiquées par le rhumatologue ou le médecin du sport), une séance d'ostéopathie peut être associée sans contre-indication, à condition de respecter un délai de 48 à 72 heures après l'injection avant toute intervention manuelle sur le genou traité. Ce délai permet de ne pas interférer mécaniquement avec la diffusion du produit dans l'articulation.
Les recommandations de la Société Française de Rhumatologie (SFR), de l'EULAR et de la HAS convergent sur un point fondamental : le traitement de base de la gonarthrose est non pharmacologique et non chirurgical. Il doit associer éducation thérapeutique, activité physique adaptée, kinésithérapie et thérapies manuelles.
Dans cette approche, l'ostéopathie et la kinésithérapie jouent des rôles complémentaires et non concurrents. L'ostéopathe lève les blocages articulaires et les tensions tissulaires qui empêchent le renforcement musculaire d'être pleinement efficace. Le kinésithérapeute, de son côté, consolide ces gains en renforçant les muscles affaiblis et en reprogrammant le contrôle moteur de l'articulation.
L'activité physique adaptée (APA), prescriptible par votre médecin traitant dans le cadre du « sport sur ordonnance », complète idéalement ce dispositif. Un programme de deux à trois séances hebdomadaires associant renforcement musculaire, proprioception et endurance douce — natation, vélo stationnaire, Tai-Chi, marche sur terrain plat — a démontré des bénéfices significatifs. Concernant le Tai-Chi, plusieurs études, dont une méta-analyse publiée dans la revue Arthritis Care & Research, démontrent que sa pratique régulière réduit significativement la douleur et améliore la fonction physique chez les patients atteints de gonarthrose, avec un profil de sécurité excellent chez le senior. Le Tai-Chi peut être intégré au programme d'APA prescrit par votre médecin traitant. En revanche, certaines pratiques sont à proscrire : course à pied sur macadam, squats profonds chargés, sauts répétés et positions accroupies prolongées.
Le suivi rhumatologique reste indispensable en parallèle. C'est le rhumatologue qui supervise l'évolution radiologique de votre gonarthrose, ajuste les traitements de fond et évalue, le moment venu, l'indication chirurgicale. L'ostéopathe s'inscrit dans cette prise en charge globale sans jamais s'y substituer. Un conseil pratique pour optimiser vos consultations : communiquez à votre ostéopathe tous vos antécédents traumatiques des membres inférieurs, même les plus anciens — une entorse de cheville survenue il y a vingt ans peut encore modifier vos appuis et surcharger votre genou aujourd'hui.
Si vous souffrez de gonarthrose et recherchez une approche complémentaire, douce et rigoureuse à Marseille, Sacha Olive-Abergel vous accueille pour une prise en charge ostéopathique individualisée. Chaque consultation repose sur une analyse approfondie de votre situation — antécédents, mode de vie, traitements en cours — afin de vous proposer un accompagnement véritablement adapté à vos besoins. Son approche privilégie l'écoute, la bienveillance et la collaboration avec vos autres professionnels de santé, pour un parcours de soins cohérent et centré sur votre confort au quotidien.