Vous connaissez ce scénario : la douleur apparaît, vous stoppez l'entraînement, vous patientez quelques semaines, puis vous reprenez — et la tendinite revient, au même endroit, parfois plus intense. Ce cycle frustrant touche des milliers de sportifs, et Marseille, avec son climat propice à la course à pied, aux sports de raquette et aux activités en plein air, n'y échappe pas. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les tendinopathies représentent 19 % des troubles musculo-squelettiques et plus de 30 % des consultations en médecine du sport, tandis que la tendinite du tendon d'Achille concentre à elle seule 30 à 50 % des lésions liées à la pratique sportive. Si le repos et les anti-inflammatoires suffisaient, pourquoi la douleur ressurgit-elle dès la reprise ? Sacha Olive-Abergel, ostéopathe à Marseille, accompagne au quotidien des sportifs confrontés à ces récidives en proposant une prise en charge globale — curative comme préventive — qui s'attaque aux véritables causes du problème.
Pour comprendre pourquoi une tendinite revient, il faut d'abord savoir ce qui se passe réellement à l'intérieur du tendon. Les tendinopathies sont secondaires à des micro-traumatismes répétés qui dépassent les capacités de régénération du tissu tendineux. À l'échelle microscopique, les fibres de collagène — ces « câbles » qui confèrent au tendon sa résistance — se désorganisent progressivement. Le tendon perd sa couleur blanche et luisante pour devenir gris et amorphe, signe d'une dégénérescence structurelle qui, sans prise en charge adaptée, peut évoluer vers une rupture partielle ou totale.
Une distinction fondamentale existe entre la tendinite aiguë, qui correspond à une inflammation réactive, et la tendinopathie chronique, qui relève d'un processus dégénératif. Dans cette forme chronique, il n'y a plus de véritable lésion inflammatoire : les fibres de collagène de type 1, les plus résistantes, sont remplacées par du collagène de type 3, plus fragile. On observe également une accumulation progressive de collagène dénaturé associée à une expression élevée de métalloprotéinases (MMPs), des enzymes qui dégradent la matrice du tendon. De plus, des « proto-vaisseaux » néoformés (néovascularisation) peuvent apparaître, mais leur structure anarchique les rend inefficaces pour la cicatrisation ; ils contribuent au contraire à l'épaississement pathologique du tendon. Ces phénomènes expliquent pourquoi la tendinopathie chronique peut évoluer vers des lésions structurelles irréversibles en l'absence de traitement adapté — et pourquoi les anti-inflammatoires seuls n'ont aucun effet durable sur les formes installées. Pourtant, beaucoup de sportifs continuent de s'y fier exclusivement.
La progression de la douleur suit un schéma caractéristique : elle apparaît d'abord après l'effort, puis au début de celui-ci, pour finalement devenir quasi permanente, allant parfois jusqu'à gêner la marche. C'est malheureusement souvent à ce stade avancé que les sportifs consultent, rendant la prise en charge plus longue et plus complexe.
Dans la plupart des cas, les tendinopathies sont ce que les spécialistes appellent des « technopathies » : elles résultent d'erreurs d'entraînement, d'un matériel inadapté ou d'un mauvais geste sportif. Une augmentation brutale du kilométrage de course, une nouvelle paire de chaussures, une hausse soudaine des charges en musculation ou même un passage de chaussures à talons vers des chaussures plates peuvent suffire à déclencher la douleur. La règle empirique des 10 % maximum d'augmentation du volume par semaine constitue un repère précieux pour protéger vos tendons.
⚠️ À noter : certains signes cliniques imposent une imagerie (échographie ou IRM) avant toute prise en charge manuelle : un gonflement massif et soudain du tendon, une rougeur intense accompagnée de fièvre (suspicion infectieuse), une impossibilité totale de mouvement après un effort, ou un claquement entendu au moment de l'accident. Ces signes peuvent évoquer une rupture tendineuse partielle ou totale, qui constitue une contre-indication formelle à toute manipulation immédiate. En présence de l'un de ces symptômes, consultez d'abord votre médecin ou rendez-vous aux urgences.
Le repos calme le tendon. Mais il ne corrige rien d'autre. Si le déséquilibre postural, la restriction articulaire ou la sur-sollicitation musculaire compensatrice persistent, la tendinite revient dès que vous rechaussez vos baskets ou reprenez votre raquette. Le tendon, dans la grande majorité des cas, n'est que la victime d'un déséquilibre qui siège ailleurs dans la chaîne cinétique. C'est précisément cette vision globale qu'adopte un ostéopathe spécialisé dans l'accompagnement des sportifs, en cherchant l'origine du problème bien au-delà de la zone douloureuse.
Les causes profondes de la récidive sont multiples :
Le rôle des fascias — ces tissus conjonctifs qui enveloppent muscles, tendons et articulations — mérite une attention particulière. Sous l'effet des micro-traumatismes répétés, ils se rigidifient et se fibrosent, modifiant la répartition des charges mécaniques sur les tendons. Même après plusieurs semaines de repos, ces tensions fasciales persistent et réactivent le mécanisme de surcharge dès la reprise.
Les facteurs alimentaires contribuent également de manière directe à la récidive des tendinopathies. Une alimentation acidifiante, un excès de viande rouge, un taux d'acide urique élevé et un manque d'hydratation augmentent la fragilité des fibres tendineuses. À l'inverse, les oméga 3 (saumon, sardines), l'huile de noix, les céréales complètes et les aliments riches en antioxydants réduisent l'inflammation et protègent le collagène. Chez le sportif dont l'alimentation est déséquilibrée — notamment en faveur des protéines animales —, ces facteurs doivent être évalués lors du bilan d'une tendinopathie récurrente, et une orientation vers un nutritionniste peut s'avérer judicieuse dans le cadre d'un protocole de soins global.
Par ailleurs, les infiltrations de corticoïdes, couramment prescrites pour soulager une tendinite, constituent un facteur aggravant trop souvent ignoré. Si elles procurent un soulagement rapide à court terme, elles fragilisent la structure du tendon et augmentent le risque de récidive à moyen terme. C'est pourquoi certains sportifs récidivent systématiquement après une période d'amélioration post-infiltration. Pour les formes chroniques, les infiltrations d'acide hyaluronique ou de PRP (plasma riche en plaquettes) sont à privilégier selon les données actuellement disponibles.
Les chaînes de compensation peuvent surprendre par leur étendue. Prenons un exemple concret : un volleyeur semi-professionnel souffrant d'une tendinite d'Achille récidivante. L'analyse a révélé qu'une entorse de la cheville opposée, jamais correctement traitée, créait une sursollicitation compensatrice sur le tendon douloureux. Ce n'est qu'en associant ostéopathie et rééducation structurée que ce sportif a pu reprendre les sauts verticaux à haut niveau. Un autre exemple fréquent : un trouble de l'occlusion dentaire ou du bruxisme peut générer un déséquilibre postural global, contribuant à une tendinopathie à distance — un lien que seule une approche globale permet d'identifier.
???? Exemple concret : Nassim B., triathlète amateur de 34 ans, souffrait depuis plus de deux ans d'une tendinite du moyen fessier droit — une douleur sur la face latérale de la hanche, irradiant vers la cuisse, que son médecin avait d'abord prise pour une sciatique. Les anti-inflammatoires et deux infiltrations de corticoïdes n'avaient apporté qu'un soulagement temporaire. Lors du bilan ostéopathique, une restriction articulaire de la sacro-iliaque gauche et un valgus calcanéen droit ont été identifiés. En parallèle, son alimentation, très riche en protéines animales et pauvre en oméga 3, contribuait à fragiliser ses fibres tendineuses. L'association d'un traitement ostéopathique en trois séances, d'un suivi podologique et de conseils nutritionnels lui a permis de reprendre la course à pied sans récidive au bout de huit semaines.
???? Conseil : si vous souffrez d'une tendinopathie récidivante, prenez le réflexe de signaler à votre ostéopathe vos antécédents d'infiltrations de corticoïdes, vos éventuelles maladies métaboliques (diabète, cholestérol), ainsi que vos habitudes alimentaires. Ces informations, souvent omises en consultation, sont pourtant déterminantes pour identifier toutes les causes de la récidive et adapter la prise en charge.
L'approche ostéopathique se distingue par son regard sur l'ensemble de la chaîne cinétique, et non sur la seule zone douloureuse. L'ostéopathe évalue les déséquilibres posturaux, les restrictions de mobilité articulaire, les tensions fasciales à distance et les compensations musculaires avant d'établir son plan de traitement. Lorsqu'une maladie métabolique (diabète, hypercholestérolémie, dyslipidémie) est identifiée au bilan initial, elle est prise en compte car elle modifie la capacité de régénération tendineuse et peut ralentir les résultats thérapeutiques — une coordination avec le médecin traitant est alors engagée. L'objectif n'est pas seulement de soulager le tendon, mais de réduire les contraintes mécaniques globales qui pèsent sur lui.
Quatre situations cliniques illustrent cette logique. Pour une tendinite du tendon d'Achille, l'ostéopathe travaille sur le genou, le bassin, les vertèbres lombaires et la cheville controlatérale, car l'équilibre du bassin conditionne directement la qualité de la foulée. Il explore également l'aponévrose plantaire, car les tendinites d'Achille sont souvent précédées ou accompagnées de fasciites plantaires (aponévrosite), témoignant d'une atteinte de l'ensemble de la chaîne postérieure et non d'une lésion isolée — traiter le tendon d'Achille sans vérifier l'aponévrose plantaire, le mollet et le bassin revient à ignorer la mécanique globale qui entretient la surcharge.
Pour une tendinite du tendon rotulien — le fameux « genou du sauteur » fréquent en volley, basket ou handball — la mobilité des articulations sus et sous-jacentes est systématiquement vérifiée, et le système de maintien ligamentaire et musculaire est pris en charge.
Pour une atteinte de la coiffe des rotateurs, courante en tennis, natation ou musculation, l'ostéopathe réalise des mobilisations douces de l'articulation gléno-humérale afin de réduire les frottements sous-acromials, travaille les muscles scapulaires — trapèzes, rhomboïdes, dentelé antérieur — et normalise les racines cervicales C6, C7 et C8 pour améliorer la fonction neurologique locale. Les chiffres soulignent l'ampleur de cette problématique : les pathologies de l'épaule représentent 9,5 cas pour 1 000 patients en médecine générale, dont 85 % concernent la coiffe des rotateurs (le tendon du supra-épineux étant le plus fréquemment lésé), et cette tendinopathie touche 18 % de l'ensemble des sportifs adultes.
Enfin, pour une tendinite du moyen fessier — fréquente chez le coureur à pied et souvent confondue avec une sciatique en raison d'une douleur irradiant vers la cuisse —, l'ostéopathe évalue l'ensemble du membre inférieur et du bassin, en tenant compte des liens entre hanches, genoux et appuis podaux. Cette tendinopathie, qui se manifeste sur la face latérale de la hanche à la marche, en montée d'escaliers et en position debout prolongée, illustre parfaitement la nécessité d'une analyse globale de la chaîne cinétique.
Plusieurs techniques sont mobilisées, chacune répondant à un objectif précis. La manipulation articulaire douce restaure la mobilité et réduit la douleur. La mobilisation sans impulsion améliore la fluidité des articulations et des tissus mous. Le relâchement myofascial détend les muscles et les fascias, réduisant les tensions à distance qui entretiennent la surcharge tendineuse.
Un aspect souvent méconnu concerne la vascularisation. Certaines zones tendineuses — comme le tendon d'Achille comprimé contre le calcanéum lors de la dorsiflexion — présentent une irrigation sanguine naturellement réduite, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la dégénérescence. Les techniques de manipulation douce améliorent la vascularisation locale, favorisant un meilleur apport nutritionnel aux ténocytes — les cellules qui composent le tendon — et soutenant ainsi la régénération tissulaire.
Point essentiel : l'ostéopathe adapte ses techniques selon que vous êtes en phase aiguë ou chronique. Il n'est pas nécessaire d'attendre que la tendinite s'installe pour consulter — au contraire, une intervention précoce permet d'identifier et de traiter les causes biomécaniques avant qu'elles ne se fixent durablement. Pour une tendinopathie, il faut compter au minimum trois séances pour obtenir des résultats significatifs, ce nombre variant selon la chronicité de l'atteinte.
???? À noter : l'ostéopathie n'est pas indiquée en première intention si vous avez reçu plusieurs infiltrations de corticoïdes récentes ayant fragilisé le tendon. Dans ce cas, un avis médical préalable est recommandé afin d'évaluer l'état structurel du tendon (échographie ou IRM) avant d'entamer un traitement manuel. En revanche, l'ostéopathie reste parfaitement compatible avec les infiltrations d'acide hyaluronique ou de PRP, et peut même en optimiser les résultats en corrigeant les déséquilibres biomécaniques sous-jacents.
L'ostéopathie ne remplace ni la kinésithérapie ni le médecin du sport : elle les complète en traitant ce que les autres approches ne ciblent pas. Un mémoire universitaire français (DUMAS, 2022) portant sur l'intégration de l'ostéopathie dans le traitement des tendinites montre que les patients pris en charge conjointement par un ostéopathe et un kinésithérapeute rapportent une récupération plus rapide et une diminution durable des récidives. La kinésithérapie répare et renforce le tendon grâce aux exercices excentriques, aux ondes de choc et au renforcement progressif ; l'ostéopathie corrige les facteurs contributifs globaux — déséquilibres biomécaniques, tensions fasciales, blocages articulaires. Il est d'ailleurs essentiel que la kinésithérapie ne se limite pas aux étirements passifs : selon une revue publiée dans Arthritis Research & Therapy, la rééducation par exercices excentriques est le traitement le mieux documenté et le plus efficace pour les tendinites chroniques (notamment celles de la coiffe des rotateurs et du tendon d'Achille), car ces exercices stimulent la production de collagène de type 1, de meilleure qualité, contrairement aux étirements statiques qui n'agissent pas sur la reconstruction de la structure tendineuse.
Avant de reprendre le sport à haute intensité, trois critères doivent être validés : la disparition de la douleur au repos et à l'effort, la restauration complète des amplitudes articulaires de la chaîne cinétique concernée, et un renforcement musculaire spécifique progressif. La seule disparition de la douleur ne suffit jamais. Pour les tendinopathies des membres inférieurs, un bilan podologique dynamique est recommandé avant la reprise ; pour celles des membres supérieurs, une analyse critique du matériel et de la gestuelle sportive s'impose sous peine de rechute précoce.
En prévention, un suivi ostéopathique régulier — deux à trois séances par an — permet aux sportifs pratiquant des disciplines à fort impact tendineux (course à pied, sports de raquette, sports collectifs à sauts) de détecter et corriger les restrictions articulaires et déséquilibres fascio-musculaires avant qu'ils ne deviennent symptomatiques. Ce protocole préventif comprend concrètement quatre étapes distinctes : une évaluation initiale complète par bilan postural et dynamique pour identifier les zones de faiblesse ; des séances régulières de traitement préventif pour maintenir la mobilité articulaire avant l'apparition de tout symptôme ; une gestion réactive des micro-traumatismes par des interventions rapides pour corriger les tensions issues des entraînements quotidiens ; et enfin, des séances de récupération post-effort dédiées à la relaxation des tissus, à la réduction des micro-inflammations et à l'amélioration du drainage lymphatique. C'est précisément dans cette logique de prévention et d'accompagnement durable que s'inscrit la démarche de Sacha Olive-Abergel.
???? Conseil : en parallèle de votre suivi ostéopathique, pensez à réévaluer votre alimentation. Privilégiez les sources d'oméga 3 (saumon, sardines, huile de noix), les céréales complètes et les fruits et légumes riches en antioxydants. Hydratez-vous suffisamment, en particulier autour de l'effort. Si votre alimentation est déséquilibrée, n'hésitez pas à demander à votre ostéopathe de vous orienter vers un nutritionniste : cet accompagnement complémentaire peut faire toute la différence dans la prévention des récidives.
Ostéopathe à Marseille, Sacha Olive-Abergel propose une prise en charge individualisée des sportifs confrontés à des tendinites récurrentes, de la phase curative à la reprise progressive de l'entraînement. Son approche globale, fondée sur l'écoute et l'analyse approfondie des déséquilibres corporels, vise à identifier les véritables causes de la récidive et à favoriser les capacités naturelles de régénération du corps. Lorsque cela est pertinent, il collabore avec d'autres professionnels de santé — médecins du sport, kinésithérapeutes, podologues, nutritionnistes — afin d'assurer un parcours de soins cohérent. Si vous êtes sportif à Marseille et que votre tendinite ne cesse de revenir, n'attendez pas la prochaine récidive pour consulter.