Périostite tibiale, pubalgie, épicondylite : ces trois mots résonnent douloureusement chez des milliers de sportifs dont les douleurs persistent malgré le repos et les traitements classiques. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 4 à 19 % des sportifs sont touchés par la périostite, 5 à 18 % par la pubalgie, et 1 à 3 % de la population générale par l'épicondylite, avec un pic marqué entre 40 et 60 ans. Le problème central ? Traiter uniquement la zone douloureuse sans corriger les déséquilibres mécaniques globaux ne fait que retarder la chronicisation. Sacha Olive-Abergel, ostéopathe à Marseille, accompagne au quotidien des sportifs confrontés à ces pathologies de surmenage grâce à une approche globale et personnalisée. Découvrez les 5 raisons clés pour lesquelles le lien entre pathologies sportives chroniques et ostéopathie change véritablement la donne.
Périostite, pubalgie et épicondylite appartiennent toutes à la famille des blessures dites de surmenage, ou « overuse » en anglais. Leur point commun ? Des micro-traumatismes répétés qui s'accumulent sur des tissus n'ayant jamais le temps de se régénérer correctement. La périostite tibiale résulte de microlésions osseuses non cicatrisées au niveau du cortex tibial. La pubalgie naît d'un déséquilibre musculaire entre les adducteurs et la sangle abdominale, aggravé par les gestes de pivot. L'épicondylite latérale, quant à elle, correspond à des micro-déchirures intra-tendineuses associées à une cicatrisation pathologique — l'atteinte portant principalement sur le tendon du court extenseur radial du carpe (ECRB), dont l'origine peut être intriquée : maladie des insertions tendineuses, usure du cartilage articulaire, névrite du nerf radial, ou douleur projetée d'origine cervicale (C5-C6 ou C6-C7).
Le facteur déclenchant universel de ces trois pathologies est le même : une augmentation trop rapide de la charge d'entraînement. Reprise de saison précipitée, doublement soudain du kilométrage, retour de blessure mal géré — ces situations créent un terrain propice à la chronicisation. Sans prise en charge globale, la périostite évolue vers des douleurs continues, la pubalgie présente un taux de récidive de 30 à 45 %, et l'épicondylite peut durer de 6 à 24 mois. Pour les trois pathologies, les facteurs psychosociaux — kinésiophobie et catastrophisation — alimentent un cercle vicieux d'évitement du mouvement qui ralentit considérablement la guérison. Un sportif qui interprète sa douleur comme un signal de destruction tissulaire irréversible entre dans une spirale d'inactivité contre-productive. L'accompagnement par un ostéopathe spécialisé dans le suivi des sportifs joue ici un rôle d'éducation thérapeutique essentiel en restaurant la confiance dans le mouvement.
Première blessure musculo-squelettique chez les coureurs, la périostite tibiale — ou syndrome de stress tibial médial (MTSS) — se manifeste par une douleur sur la face interne du tibia. Elle touche aussi bien les danseurs que les footballeurs, basketteurs ou militaires (4 à 35 % de ces populations selon les études). Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, le tibia n'est souvent que le messager d'un problème situé plus haut.
Le diagnostic différentiel entre périostite tibiale et fracture de fatigue est cliniquement indispensable avant toute prise en charge. La périostite tibiale n'est pas visible à la radiographie standard ; seules l'IRM ou la scintigraphie permettent de la confirmer et d'écarter une fracture de fatigue (micro-fractures intra-osseuses). Un sportif dont la douleur persiste malgré le repos doit donc faire l'objet d'un bilan d'imagerie avant de conclure à une simple périostite. Cette étape diagnostique est essentielle pour comprendre pourquoi certaines douleurs ne disparaissent pas avec les traitements habituels.
Le mécanisme biomécanique est parlant : une hyperpronation du pied oblige le muscle tibial postérieur à compenser en excès, ce qui génère une traction répétée sur le périoste — cette membrane richement innervée et vascularisée qui entoure l'os. Comme le souligne Marc Durand, ostéopathe du sport, « une perte de mobilité au niveau de la cheville, du genou ou du bassin fait que le corps ne joue plus son rôle d'amortisseur ». Via les fascias, ces tensions se propagent à distance de la zone douloureuse.
L'ostéopathe réalise un interrogatoire approfondi (antécédents, charges d'entraînement, type de chaussage, surface de pratique), puis un examen global intégrant cheville, genou, bassin et colonne vertébrale. Les techniques de réarticulation et de relâchement fascial visent à restaurer une dynamique posturale correcte. En général, 2 à 3 séances suffisent à diminuer significativement les symptômes, à condition de corriger parallèlement les erreurs d'entraînement. Un bilan podologique complémentaire est souvent recommandé en cas d'hyperpronation ou d'inégalité de longueur des membres inférieurs. Ces facteurs peuvent être anatomiques (différence réelle de longueur des jambes) ou fonctionnels (décalage du bassin), et les séquelles d'anciennes blessures non traitées — entorse de cheville, fracture ancienne — constituent également des facteurs documentés de récidive que l'ostéopathie seule ne corrige pas. Le podologue et l'ostéopathe interviennent donc en complémentarité ciblée sur ces deux types de facteurs distincts.
Exemple concret : Léandre Mariani, 28 ans, traileur passionné à Marseille, consulte Sacha Olive-Abergel pour une douleur persistante sur la face interne du tibia gauche, apparue après avoir doublé son kilométrage hebdomadaire en préparation du Grand Trail des Calanques. Malgré deux semaines de repos, la douleur réapparaît dès la reprise. L'examen ostéopathique révèle une hyperpronation du pied gauche associée à un blocage de la cheville — séquelle d'une entorse mal traitée trois ans plus tôt — et un décalage fonctionnel du bassin. Après deux séances de réarticulation de la cheville et de rééquilibrage du bassin, espacées de trois semaines, Léandre est orienté vers un podologue pour la réalisation de semelles correctrices. La reprise progressive de la course se fait sur un mois, avec une adaptation de la charge d'entraînement.
La pubalgie est surnommée le « triangle des Bermudes » de la médecine du sport, tant la zone pubienne concentre d'insertions musculaires complexes : adducteurs, muscles abdominaux et psoas-iliaque convergent tous vers le même point. Elle représente 10 à 11 % des blessures chez les footballeurs et touche plus de 50 % d'entre eux au cours de leur carrière. Deux pics de fréquence sont identifiés : à 17-18 ans (adolescent sportif) et à 30-35 ans (sportif adulte en phase de pic de charge).
Le mécanisme central est un déséquilibre entre des adducteurs forts et rétractés d'un côté, et une sangle abdominale insuffisamment stabilisatrice de l'autre. Lors de l'appui monopodal — un pied au sol en course — les forces de cisaillement sur la symphyse pubienne deviennent excessives. Les facteurs aggravants incluent une antéversion pelvienne, un déficit de rotation interne de hanche et une limitation de mobilité des articulations sacro-iliaques.
Le bilan ostéopathique évalue la douleur à la palpation des tendons adducteurs, les amplitudes articulaires des hanches, la mobilité rachidienne et la force comparative entre adducteurs et abdominaux. Les manœuvres cliniques de provocation complètent l'examen : l'adduction contrariée (le sportif tente d'addire la hanche contre résistance) et l'abduction forcée de la hanche reproduisent la douleur pubienne et permettent de confirmer la composante adductrice du tableau clinique lors de la consultation initiale. L'exploration s'étend également à la sphère viscérale : tensions de la vessie, de la membrane obturatrice et des muscles du plancher pelvien. Le protocole recommandé prévoit 3 séances espacées de 10 jours. Point essentiel : une étude de 128 joueurs (NCBI, 2016) démontre que sans programme de renforcement abdomino-adducteur complémentaire prescrit par un professionnel, les récidives sont quasi-systématiques.
À noter : La ténotomie des adducteurs — l'une des deux options chirurgicales de la pubalgie — est de plus en plus remise en question par les chirurgiens eux-mêmes, car elle peut réduire la puissance musculaire et aggraver le déséquilibre adducteurs/abdominaux qui est précisément à l'origine de la pathologie. La plastie abdominale (retension de la paroi), indiquée uniquement en présence de hernies inguinales, est la procédure la mieux adaptée selon la forme clinique. Ces deux gestes, exceptionnels (moins de 10 % des cas chroniques), ne sont envisagés qu'après 6 mois d'échec du traitement conservateur bien conduit. Ce constat renforce l'intérêt d'une prise en charge ostéopathique et rééducative précoce.
Baptisée « Tennis Elbow » par Morris en 1882, l'épicondylite latérale touche 40 à 50 % des pratiquants de raquette au cours de leur vie. Pourtant, les joueurs de tennis ne représentent que 5 à 10 % des cas cliniques : il s'agit avant tout d'une pathologie liée aux gestes professionnels répétitifs. Parmi les patients pris en charge en rééducation, le tableau complet issu de l'étude NCBI (Epidemiological profile, 2020) est éloquent : 42 % obtiennent une amélioration totale, 46 % rapportent une amélioration transitoire et 12 % évoluent vers une chronicité franche. Ces chiffres illustrent concrètement pourquoi une prise en charge adaptée fait toute la différence sur le résultat à long terme.
Ce qui rend cette pathologie si tenace, c'est que le coude n'est souvent pas le véritable coupable. La nature lésionnelle de l'épicondylite est plus complexe qu'une simple tendinite : son origine peut être intriquée entre une atteinte de l'insertion tendineuse, une usure cartilagineuse, une névrite du nerf radial ou une douleur projetée d'origine cervicale. En cas de doute diagnostique, un cliché cervical est prescrit en complément, et l'IRM constitue l'examen de référence pour quantifier les lésions tendineuses (fissurations à l'insertion osseuse). Les vertèbres cervicales C6-C7-C8 contrôlent la motricité et la sensibilité du coude par l'intermédiaire du nerf radial. Un blocage cervical peut donc altérer le contrôle moteur des extenseurs du poignet et alimenter l'épicondylite. De même, si l'épaule est décentrée vers le haut ou vers l'avant, le corps compense lors de chaque élévation du bras — soit au niveau des cervicales, soit au niveau du coude.
L'ostéopathe évalue la mobilité passive du coude en flexion-extension, en prono-supination, et teste les petits mouvements dits « mineurs » comme le glissement de la tête radiale. L'examen est bilatéral et comparatif, et s'étend systématiquement au rachis cervico-dorsal, à l'épaule et au poignet. La manœuvre diagnostique de référence — l'extension contrariée du poignet — est positive dans 96 % des cas. En complément, l'évaluation de la technique gestuelle avec l'entraîneur (taille du grip, tension des cordes) permet de corriger un facteur de risque majeur et modifiable.
Conseil : La méta-analyse de Karanasios et al. (British Journal of Sports Medicine, 2021, 2 123 sujets, 30 essais randomisés) démontre que les interventions actives — notamment les exercices excentriques progressifs — donnent de meilleurs résultats cliniques que les interventions passives dans l'épicondylite latérale. Ce résultat scientifique de référence internationale confirme que le repos strict est contre-indiqué pour cette pathologie, et que l'ostéopathie seule, sans programme actif complémentaire prescrit par un professionnel (kinésithérapeute, préparateur physique), ne suffit pas à obtenir un résultat durable. Pensez à demander un programme d'exercices excentriques adapté à votre cas dès les premières consultations.
Ce que risque le sportif qui attend trop longtemps est concret. Pour la périostite, c'est l'excision chirurgicale du périoste. Pour la pubalgie, c'est la ténotomie des adducteurs ou la plastie abdominale, avec un retour au sport à 4-6 mois post-opératoire. Pour l'épicondylite, c'est la désinsertion musculaire — incision de 4 à 5 cm, anesthésie loco-régionale, arrêt de travail d'un mois minimum.
Heureusement, les seuils officiels avant chirurgie laissent une fenêtre d'action significative : 6 mois d'échec du traitement conservateur sont requis pour l'épicondylite et la pubalgie avant d'envisager l'opération, et moins de 10 % des cas chroniques sont finalement opérés. Le message est clair : une douleur qui persiste au-delà de 10 à 15 jours malgré le repos justifie une consultation ostéopathique sans attendre.
Un facteur souvent négligé renforce la chronicisation : la kinésiophobie — cette peur du mouvement qui s'installe progressivement. L'étude Mallows (2017, n=1 391) démontre que la kinésiophobie et la catastrophisation sont des prédicteurs robustes de chronicisation, avec un odds ratio de 1,3 à 2,9. Ces mêmes facteurs psychosociaux s'appliquent aux trois pathologies de surmenage abordées dans cet article : un sportif qui interprète sa douleur comme un signal de destruction tissulaire irréversible entre dans un cercle vicieux d'évitement du mouvement qui ralentit la guérison. La prise en charge ostéopathique précoce rassure le patient, restaure la confiance dans le mouvement et enclenche le processus de guérison grâce à un véritable travail d'éducation thérapeutique.
Exemple concret : Nadia Ferracci, 34 ans, joueuse de padel à Marseille, souffre depuis cinq mois d'une épicondylite latérale du coude droit. Après trois consultations médicales centrées uniquement sur le coude (infiltrations, anti-inflammatoires), les douleurs persistent. L'examen ostéopathique révèle un blocage des cervicales C6-C7 à droite et un décentrage de l'épaule vers l'avant, compensé à chaque coup de raquette par une sollicitation excessive des extenseurs du poignet. Après trois séances ostéopathiques espacées de trois semaines — associant libération cervicale, recentrage de l'épaule et techniques sur le coude — et un programme d'exercices excentriques prescrit par un kinésithérapeute, Nadia retrouve 90 % de sa force de préhension au bout de deux mois. En parallèle, son entraîneur adapte la taille du grip de sa raquette, supprimant un facteur de risque modifiable.
Chaque pathologie demande un protocole spécifique. L'arrêt sportif varie considérablement selon les cas :
Le rythme ostéopathique curatif recommandé est de 3 à 4 séances espacées de 2 à 3 semaines pour toute pathologie chronique installée. Des séances trop rapprochées ne sont pas plus efficaces et peuvent brouiller les résultats cliniques, car le corps a besoin de temps pour intégrer les corrections entre chaque consultation.
Pour tout sportif pratiquant plus de 3 fois par semaine, un suivi préventif de 3 à 6 séances par an est recommandé : bilan en début de saison, bilan en milieu de saison, et séance dans les 48 à 72 heures après un effort intense. Au-delà de 6 heures de pratique par semaine, un bilan ostéopathique complet tous les 3 mois est conseillé. Pour les sports à impacts (rugby, handball), un minimum de 6 séances annuelles est recommandé — soit une séance tous les 2 mois — afin d'anticiper les déséquilibres posturaux avant qu'ils n'atteignent le seuil clinique. L'approche pluridisciplinaire est essentielle : podologue en cas d'hyperpronation, kinésithérapeute pour les exercices actifs, entraîneur pour la correction gestuelle et la gestion de la charge.
Conseil : Le sommeil suffisant et réparateur, la gestion du stress et une alimentation équilibrée de type méditerranéen constituent des facteurs facilitant la guérison des pathologies tendineuses chroniques. Richement documentés dans les sources cliniques, ces leviers d'action concrets s'inscrivent naturellement dans le quotidien du sportif marseillais et complètent le plan de soin au-delà des seules séances. Veillez à maintenir un minimum de 7 à 8 heures de sommeil par nuit en phase de récupération et à privilégier une alimentation anti-inflammatoire (huile d'olive, poissons gras, fruits et légumes frais) pour favoriser la cicatrisation tendineuse.
Le contexte sportif marseillais couvre précisément les trois pathologies abordées : le trail dans les Calanques, avec ses dénivelés et ses surfaces irrégulières, expose particulièrement à la périostite tibiale ; le football — de l'OM aux clubs amateurs — fait de la pubalgie un enjeu constant ; les sports de raquette et les salles de sport concentrent les cas d'épicondylite. L'ostéopathie sportive bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance institutionnelle forte, avec une présence lors des plus grandes manifestations sportives françaises et une légitimité confirmée par la Haute Autorité de Santé pour les pathologies musculo-squelettiques.
Sacha Olive-Abergel, ostéopathe à Marseille, propose une prise en charge globale et personnalisée des pathologies de surmenage du sportif. Son approche repose sur une analyse approfondie des chaînes posturales et des déséquilibres mécaniques, dans un cadre d'écoute bienveillante et de collaboration avec les autres professionnels de santé impliqués dans votre parcours. Si vous êtes sportif à Marseille et qu'une douleur persiste au-delà de quelques jours malgré le repos, ne laissez pas la chronicité s'installer. Consulter dès les premiers signes de persistance, c'est choisir de traiter la cause plutôt que le symptôme.